L'économie marocaine affiche sa «plus forte croissance» depuis plus de dix ans, atteignant un PIB réel estimé à 4,9% en 2025, selon la Banque Mondiale, qui prévoit 4,2% en 2026. Cette performance est attribuée à une hausse des investissements publics liés à la Coupe du Monde de football 2030 et à la reprise agricole. Le gouvernement, pour sa part, anticipe une croissance de 5,3% en 2026 et 4,1% en 2027, s'appuyant sur une récolte céréalière de 70 millions de quintaux. L'inflation a chuté à 0,8% en 2025 (BM) ou 0,4% en H1 2026 (MEF), et le déficit public s'est réduit à 3,5% du PIB. La transformation numérique est identifiée comme un levier clé de productivité, bien que moins d'une entreprise sur cinq utilise intensivement les technologies avancées.
Plusieurs initiatives d'envergure soutiennent cette dynamique. Tanger Med Port Authority (TMPA) a obtenu une double notation «Investment Grade» de Moody's Ratings (Baa3) et Standard & Poor’s Global Ratings (BBB-), soulignant sa position géostratégique et son rôle dans l'intégration du Maroc aux marchés mondiaux. La Banque africaine de développement (BAD) a accordé un deuxième prêt de 150 millions d'euros au Fonds d’équipement communal (FEC) pour financer des infrastructures durables dans les collectivités territoriales. Bank Of Africa a mobilisé un prêt syndiqué international de 300 millions de dollars pour la construction d'une route stratégique en Guinée. Le ministère de l’Équipement et de l’Eau a présenté l'état d'avancement de son Pôle Technologique, lancé en juillet 2025, visant la souveraineté technologique nationale. Le Maroc bénéficiera également d'un prêt de 350 millions de dollars de la Banque Mondiale pour son programme de mobilité urbaine à Rabat, Tanger et Marrakech, et le Stade Adrar d’Agadir a entamé sa modernisation pour le Mondial 2030 avec un budget initial de 1,08 MMDH.
Le commerce et l'industrie connaissent également des avancées. Le programme «Power Export» a approuvé environ 100 demandes d'entreprises (sur 435) pour développer leurs capacités exportatrices, notamment dans l'agroalimentaire, le textile et la chimie-parachimie, s'inscrivant dans la Feuille de route du Commerce Extérieur 2025-2027. Renault Group a vu ses ventes au Maroc augmenter de 13,7% au premier semestre 2026, confirmant la position stratégique du Royaume. Airbus envisage de faire du Maroc un hub régional pour ses activités hélicoptères. La Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) et le patronat malien ont officiellement relancé le Conseil d’Affaires Maroc-Mali. L'artisanat marocain a été mis en avant à Bangkok lors de la Semaine de la culture marocaine, renforçant les liens économiques et culturels avec la Thaïlande. L'industrie pharmaceutique marocaine, utilisant 50% de ses capacités, est perçue comme un futur hub pour l'Afrique.
Le secteur financier est en pleine évolution. Bank Al-Maghrib (BAM) a enregistré un résultat net de 5,74 milliards de dirhams en 2025, en repli de 11%. La circulation fiduciaire a bondi de 22,4% pour atteindre 543,21 milliards de dirhams à fin mai 2026, un phénomène auquel la BAM propose six leviers pour promouvoir les paiements numériques. Le secteur bancaire participatif a vu son bilan cumulé atteindre 48,6 milliards de dirhams en 2025, avec un résultat net doublé, bien qu'il reste fortement dépendant de la Mourabaha et des maisons mères. Le marché des OPCVM a progressé de 21% en 2025, portant l'actif net à 785,1 milliards de dirhams, principalement grâce aux fonds obligataires. Les tensions en mer Rouge ont fait grimper les cours du pétrole au-delà de 100 dollars le baril. Parallèlement, les prix à la consommation ont reculé de 0,4% en juin 2026, avec une inflation annuelle limitée à 0,3%.
Enfin, des initiatives de digitalisation et des ajustements réglementaires sont en cours. L'édition 2026 du «GovTech Innovation Challenge» a été lancée à Rabat pour renforcer l'audit public via des solutions numériques. Airports of Morocco a généralisé la carte d'embarquement 100% mobile. Le Green Assets Cluster a inauguré ses activités en tant que premier émetteur local de certificats I-REC au Maroc, soutenant la décarbonation des entreprises. Le gouvernement a suspendu les droits d'importation sur les ovins vivants et certaines viandes, tout en prorogeant ceux sur le blé tendre. Un nouveau guide fiscal pour le transport a clarifié les exonérations et les contraintes. La BMCI a certifié 20 collaborateurs de la première promotion de son programme «Passerelles» en partenariat avec l'ISCAE. Le Maroc figure parmi les économies africaines les moins risquées pour investir, selon le rapport «Africa Risk Dimension Report» 2026.
Ces initiatives soulignent l'engagement du Maroc en faveur d'un développement économique diversifié et d'une intégration régionale renforcée, malgré un contexte international complexe.