L'économie marocaine affiche des perspectives solides, avec la ministre de l'Économie et des Finances, Nadia Fettah, prévoyant une croissance de 5,3% en 2026, portée par des mesures gouvernementales et une amélioration agricole. La Banque Mondiale anticipe une croissance du PIB réel de 4,3% à moyen terme, soulignant l'investissement comme principal moteur à court terme (+11,2% en 2026) grâce aux grands chantiers et aux préparatifs de la Coupe du monde 2030. En 2025, la croissance s'est établie à 4,9%. L'inflation reste contenue, l'Indice des Prix à la Consommation (IPC) n'ayant augmenté que de 0,3% en juin 2026 sur un an, avec une baisse mensuelle de 0,4%. Cette maîtrise des prix, après une chute à 0,8% en 2025, est le résultat de la détente des prix des produits alimentaires, de la baisse des cours du pétrole et d'une politique monétaire ajustée par Bank Al-Maghrib. Cependant, le marché du travail peine à suivre, avec un taux de chômage stable à 10,8% au premier semestre 2026, malgré la création de 193 000 emplois nets en 2025.
Le secteur financier marocain témoigne d'une bonne santé, le rapport de Bank Al-Maghrib sur la supervision bancaire en 2025 révélant une hausse de 22,2% du bénéfice net des banques. Le taux de bancarisation a atteint 62% de la population adulte. L'actif net des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) a dépassé 843,6 milliards de dirhams au 10 juillet 2026, en progression de 2,74% en une semaine. La Banque centrale réoriente sa supervision vers les risques émergents tels que la cybersécurité, les risques climatiques et l'intelligence artificielle. Le gouvernement a également adopté un décret visant à réduire les prix publics de vente des médicaments pour en améliorer l'accès et soutenir l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO), tout en renforçant la compétitivité de l'industrie pharmaceutique nationale. Des mesures sont également prises pour stabiliser les marchés, avec la suspension des droits d'importation sur les ovins vivants et certaines viandes, ainsi que la prorogation de la suspension des droits sur le blé tendre.
Sur le plan des partenariats stratégiques et du développement sectoriel, le Maroc confirme son attractivité. Le Royaume a intégré le Top 20 mondial (19ème place) de l'indice Global Outsourcing AI Readiness, soulignant sa préparation à l'intelligence artificielle, un domaine soutenu par un programme d'accélération de 250 millions de dollars de la Banque Mondiale, dont le lancement opérationnel est prévu avant le 23 septembre 2026. Un Conseil d’affaires Maroc-Kazakhstan a été lancé par la CGEM, visant à stimuler des échanges qui ont déjà progressé de 68% depuis 2021. Le projet de Gazoduc Nigeria-Maroc a franchi une étape clé avec la signature de l’Accord Intergouvernemental par onze États de la CEDEAO, optimisant son coût à 20 milliards de dollars. De plus, le groupe américain Curtiss-Wright a choisi le Maroc pour sa première implantation en Afrique dans l'aéronautique, et le patronat espagnol (Círculo de Empresarios) voit le Maroc comme un pôle industriel stratégique.
Les dynamiques régionales et de marché présentent des évolutions contrastées. Dans la région Drâa-Tafilalet, la création d'entreprises a reculé de 33,1% en 2024 pour les personnes morales, mais le chiffre d'affaires cumulé des entreprises actives a augmenté de 13,6% et la valeur ajoutée de 18,9%. Les Provinces du Sud se positionnent comme un pôle économique majeur, misant sur des infrastructures stratégiques comme le futur port Dakhla Atlantique (prévu pour 2028) et le potentiel de l'hydrogène vert. Le secteur de la pêche côtière et artisanale a vu ses produits commercialisés augmenter de 2% en valeur au niveau national à fin juin 2026, malgré une baisse de 6% en volume, avec une performance notable au port de Laâyoune (+35% en volume). Sur le marché de gros de Casablanca, des tensions persistent sur les prix des légumes, tandis que ceux des viandes rouges ont légèrement décéléré. L'aéroport de Dakhla a enregistré une hausse de 11,2% du trafic passagers au premier semestre 2026. Enfin, la Confédération marocaine des TPE-PME a exprimé des préoccupations quant à l'accessibilité des dispositifs publics d'investissement, estimant que le seuil minimum d'un million de dirhams reste prohibitif pour la majorité des très petites entreprises.