La question du Sahara marocain a connu d'importants développements diplomatiques ce mardi 21 juillet 2026, avec la Roumanie et le Bénin réaffirmant leur soutien à la souveraineté du Maroc sur son Sahara et au Plan d’Autonomie de 2007. Le Président Roumain, M. Nicușor Dan, a adressé un message à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, soulignant qu'une autonomie véritable sous souveraineté marocaine constitue une solution viable et la base la plus appropriée, sérieuse, crédible et réaliste. Cette position de la Roumanie, pays membre de l'UE, s'inscrit dans la dynamique internationale de soutien à la souveraineté du Maroc sur son Sahara, regroupant une trentaine de pays européens, dont 24 membres de l'UE, et plus des deux tiers des pays membres de l'ONU. Parallèlement, le Bénin a réitéré sa position constante de soutien à l'intégrité territoriale du Maroc, comme exprimé dans le communiqué conjoint de la septième session de la Commission mixte de coopération maroco-béninoise tenue à Cotonou. La ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a salué l'adoption de la résolution 2797 du Conseil de Sécurité consacrant le Plan d'autonomie et a annoncé son intention d'effectuer une mission à Dakhla pour explorer les opportunités de partenariat et la possibilité d'y établir un point de présence consulaire béninois.
Sur le plan intérieur, plusieurs réformes et développements politiques ont marqué la journée. Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, s'apprête à rejoindre le Parti Authenticité et Modernité (PAM) et à se porter candidat dans la circonscription de Berkane en vue des élections législatives du 23 septembre 2026. Le PAM, qui tient son Conseil national le 25 juillet, défend par ailleurs le bilan gouvernemental de la majorité, qu'il juge « positif » malgré un contexte international difficile, et appelle à la reddition des comptes devant les électeurs. Le gouvernement renforce également l'encadrement du financement des partis politiques et des campagnes électorales avec de nouvelles obligations comptables et financières. Ces mesures visent à accroître la transparence, notamment sur les dépenses liées aux campagnes numériques, et imposent aux candidats l'ouverture d'un compte bancaire dédié à leur campagne. La loi organique n°53.25, validée par la Cour constitutionnelle, durcit les conditions d'éligibilité à la Chambre des représentants, élargissant la liste des personnes interdites de candidature pour des infractions portant atteinte à la probité ou à l'intégrité électorale, et renforçant les sanctions contre les élus révoqués. En revanche, elle supprime l'incompatibilité entre un mandat de député et la présidence de certains conseils territoriaux.
Dans un registre diplomatique et de sécurité, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a remercié le Maroc pour la « collaboration renforcée » entre Rabat et Paris, qui a conduit à l'arrestation de 16 individus impliqués dans des actes criminels graves tels que le trafic de stupéfiants, des meurtres, des escroqueries et le blanchiment d'argent. Le Maroc a également appelé à une enquête exhaustive des autorités italiennes concernant le décès d'un ressortissant marocain à Bologne, exigeant que les responsabilités soient établies. Par ailleurs, le Royaume a souligné, devant le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine (CPS de l’UA), l’importance d’une approche multidimensionnelle dans la lutte contre le terrorisme en Afrique. L'Ambassadeur Mohamed Arrouchi a insisté sur la nécessité de réponses sécuritaires combinées à des actions sur les facteurs favorisant le terrorisme, la prévention, le renforcement des mécanismes d'alerte précoce et l'utilisation de l'intelligence artificielle. Le Maroc a réitéré sa stratégie intégrée basée sur le renforcement des capacités sécuritaires, la promotion d'un islam du juste milieu et une coopération internationale étroite.
Les questions agricoles et d'élevage ont aussi fait l'objet d'attention. Le gouvernement s'apprête à rouvrir les frontières pour l'importation de moutons d'Espagne et d'autres pays européens, une mesure destinée à stabiliser le marché et anticiper les besoins du prochain Aïd Al-Adha, après les tensions sur les prix et l'offre en 2025. Cette décision fait suite à l'information de l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) sur la levée des réserves concernant les importations d'ovins européens. Dans le même temps, des analyses approfondies ont été menées sur les habitudes alimentaires des Marocains, avec le lancement par le HCP et la FAO d'un référentiel national, la Table marocaine de composition des aliments (TMCA), qui documente 1 001 aliments et leurs 43 constituants nutritionnels. Ce référentiel vise à éclairer les politiques publiques pour passer d'un panier alimentaire monétaire à un panier alimentaire nutritionnel, permettant d'évaluer les apports nutritionnels et de mieux cibler les interventions. Le Dr. Sami Amine a souligné son utilité pour les analyses sanitaires, économiques, sociales et territoriales, ainsi que les défis posés par le fast-food sur les habitudes des nouvelles générations. En outre, une tentative d'immigration irrégulière a eu lieu, avec près de 200 migrants, principalement algériens, tentant de rejoindre Sebta à la nage lors des célébrations de la Coupe du monde, tentatives interceptées par les autorités marocaines. Les données du ministère espagnol de l'Intérieur confirment une nette progression des arrivées à Sebta en 2026.
Enfin, sur le front de la recherche et de la vision à long terme, Omar Fassi-Fehri, de l'Académie Hassan II des sciences et techniques, a souligné la nécessité d'allouer plus de moyens humains et financiers à la recherche et développement (R&D) au Maroc, qui se situe autour de 0,8% du PIB, loin de la moyenne de l'OCDE (plus de 2,3%). L'Académie promeut l'excellence et soutient des projets sur des sujets prioritaires comme les batteries dans la transition énergétique. Il a également abordé le paradoxe de l'excellence formée au Maroc mais souvent non retenue, appelant à la création de centres d'excellence et à l'exploitation des compétences marocaines à l'étranger. Le Maroc entend par ailleurs accélérer sa montée en gamme dans l’aéronautique en ciblant les investissements à forte valeur ajoutée, comme l'a indiqué Ali Seddiki, directeur général de l’AMDIE, lors du Farnborough International Airshow 2026. La croissance marocaine, après un rebond de 4,8% en 2026, marquerait le pas à 3% en 2027, selon le Haut-commissariat au plan (HCP), principalement en raison d'un effet de base agricole, mais avec une accélération des activités non agricoles.