Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) anticipe une croissance économique nationale de 4,8% en 2026, soutenue par un rebond agricole exceptionnel, avant un ralentissement à 3% en 2027. Cette projection s'inscrit dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la paralysie du détroit d'Ormuz, entraînant une flambée des prix du pétrole Brent à 89,2 dollars le baril en 2026. La croissance mondiale devrait se stabiliser à 3% en 2026. Au niveau national, la valeur ajoutée agricole est prévue en hausse de 19,1% en 2026 grâce à une production céréalière avoisinant 90 millions de quintaux. Les activités non agricoles devraient progresser de 3,3% en 2026 et 4,2% en 2027. La demande intérieure devrait demeurer un moteur essentiel, avec une progression de 5,9% en 2026, portée par la consommation des ménages (+4,4%) et un investissement brut dynamique (+9,5%), notamment grâce aux chantiers liés à la Coupe du Monde 2030. Malgré ces prévisions positives, Bank Al-Maghrib, par la voix de son Wali Abdellatif Jouahri, a souligné un décalage persistant entre les performances économiques (4,9% de croissance en 2025 avec une inflation modérée de 0,8%) et le ressenti des citoyens, notamment en raison d'un taux de chômage stable à 13% et d'inégalités sociales, nécessitant une meilleure répartition des retombées de la croissance et une implication accrue du secteur privé.
Plusieurs projets d'envergure renforcent la stratégie énergétique et logistique du Royaume. Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc a franchi une étape clé avec la signature de l'Accord Intergouvernemental par les États de la CEDEAO à Freetown. Cette infrastructure de 6 800 km, développée par l'ONHYM et la NNPC Ltd, transportera 30 milliards de m³ de gaz par an, avec un investissement estimé à 25 milliards de dollars. Les premières livraisons sont attendues pour 2031, après la création d'une société de projet à Casablanca et d'une autorité de gouvernance à Abuja. Parallèlement, le Maroc et le Portugal ont relancé leur projet d'interconnexion électrique, suspendu depuis 2022. Les deux pays, dont les ministres Leïla Benali et Maria da Graça Carvalho se sont rencontrés à Lisbonne, visent à obtenir un appui financier de l'Union européenne en sollicitant la classification comme Projet d'Intérêt Commun (PIC) et à mobiliser des investisseurs privés. Ce projet vise à améliorer la sécurité énergétique et la compétitivité économique, en réponse à la faible interconnexion de la péninsule Ibérique, illustrée par la panne d'avril 2025. Dans le domaine de l'eau, la méga-station de dessalement de Casablanca-Settat, dont les travaux ont été lancés en juin 2024 par le Prince héritier Moulay El Hassan, a été raccordée au réseau électrique 400 kV de l'ONEE, pour un investissement de 486 millions de dirhams. Sa mise en service est prévue pour février 2027, avec une capacité initiale de 548 000 m³/jour. Les barrages du Royaume affichent un taux de remplissage de 72%, stable malgré la légère baisse due aux fortes chaleurs et à l'irrigation, mais nettement supérieur aux 37,4% de l'année précédente.
Le secteur du tourisme poursuit sa dynamique de développement en prévision de la Coupe du Monde 2030. L’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) renforce l’accessibilité d’Ouarzazate et de Dakhla via un partenariat avec Transavia, ajoutant une fréquence supplémentaire pour Ouarzazate (trois fois par semaine jusqu’au 31 octobre 2026) et Dakhla (trois vols hebdomadaires). Le Maroc prévoit d’augmenter sa capacité hôtelière de 20%, soit 60 000 lits supplémentaires, pour atteindre 26 millions de touristes d’ici 2030. Un investissement de plus de 190 milliards de dirhams est alloué aux infrastructures pour le Mondial 2030. Dans la région Souss-Massa, 210 projets touristiques ont été accompagnés, générant près de 400 millions de dirhams d’investissements et 4 600 emplois. L'aéronautique marocaine maintient son positionnement, comme en témoigne sa participation au Farnborough International Airshow 2026, avec 155 entreprises, 3 milliards de dollars d'exportations et une croissance annuelle moyenne de 17%. L'agriculture solidaire est également à l'honneur avec le lancement du Programme d'appui à l'agriculture solidaire inclusive des femmes et des jeunes (PAASIFEJ) par l'ADA, bénéficiant d'un financement de 216,3 millions d'euros dont 100 millions de la BAD, ciblant 7 régions pour renforcer l'inclusion économique des femmes et des jeunes ruraux. Le Maroc consolide par ailleurs ses exportations de fruits et légumes vers l'Europe, notamment les tomates et les myrtilles, profitant de la sécheresse qui affecte le continent européen.
Sur le plan des marchés financiers, la Bourse de Casablanca a enregistré une séance négative, avec le MASI en baisse de 0,22% à 17 539,62 points, malgré une activité limitée à 87,9 millions de dirhams. Les analyses de BMCE Capital Global Research (BKGR) observent une phase de consolidation, le support clé se situant à 17 700 points. Le marché boursier marocain, bien qu'animé avec 161 milliards de dirhams de volumes en 2025, rencontre des obstacles à son accessibilité pour les institutionnels étrangers, un point qui n'a pas évolué dans la revue MSCI 2026, comme l'a souligné Farid Mezouar, directeur exécutif de FLM Markets. En matière d'opérations stratégiques, OCP Nutricrops et Koch Ag & Energy Solutions ont formalisé un accord pour une nouvelle joint-venture (JFC I) à Jorf Lasfar, détenant chacun 50% d'une unité de production d'engrais phosphatés de 1,2 million de tonnes. La CDG a cédé sa participation directe dans CIH Bank, tout en conservant une participation indirecte de 55,15% via Massira Capital Management. Enfin, de nouveaux acteurs dynamisent le marché de la télévision payante avec Orange TV et Inwi Live qui ont obtenu l'autorisation de la HACA pour commercialiser leurs bouquets de 78 chaînes. Pour les ressources humaines, l'ANCFCC a nommé Zineb Didouz directrice de la Cartographie dans le cadre du plan stratégique 2030, visant à renforcer la production d'informations géospatiales. Le cabinet Garrigues a confié son bureau de Casablanca à Jaafar Laidi. Les entreprises marocaines recherchent activement des talents augmentés par l'IA, soulignant une transformation des tâches plutôt qu'une suppression de postes, comme discuté lors du forum sur l'IA d'Al Akhawayn University, avec des initiatives comme celles de l'Université Mohammed VI Polytechnique pour former des diplômés aux agents IA. La Fondation Banque Populaire a achevé des travaux d'aménagement au collège Abdellah Ben Hussein à Tameslohte, incluant la construction de salles de classe et d'une salle informatique, au bénéfice de 1 700 élèves.