Le secteur bancaire marocain a affiché une solide performance en 2025, avec un bénéfice net des banques conventionnelles en hausse de 22,2% et une progression continue de la rentabilité des banques participatives, selon le rapport annuel de Bank Al-Maghrib (BAM) sur la supervision bancaire. L'encours des crédits bancaires a progressé de 6,5% en 2025 pour atteindre 1.238,3 milliards de dirhams, une accélération par rapport à l'année précédente, tirée notamment par une augmentation de près de 23% des crédits à l'équipement. Le taux de bancarisation a atteint 62% de la population adulte en 2025, avec un total de 39,8 millions de comptes bancaires, dont 16,3 millions de comptes de paiement. Le parc de guichets automatiques bancaires (GAB) a également augmenté de 201 unités pour atteindre 8.298 unités. Malgré ces indicateurs positifs, BAM a appelé à la prudence concernant la distribution des dividendes pour renforcer la résilience du secteur et a souligné l'inquiétude face à l'envolée du cash en circulation, qui a augmenté de 18,5% en 2025 pour atteindre 491 milliards de dirhams, représentant 28,5% du PIB.
Bank Al-Maghrib opère un tournant stratégique dans sa supervision bancaire, élargissant son champ d'action au-delà des ratios financiers traditionnels pour intégrer les nouveaux risques. La Banque centrale met désormais l'accent sur la cybersécurité, les risques climatiques, l'intelligence artificielle et l'Open Banking. Elle a renforcé son dispositif de contrôle, menant 17 missions en 2025 et prononçant 15 sanctions (7 disciplinaires et 8 pécuniaires) contre six banques et d'autres institutions financières pour des manquements divers. Le sujet des créances en souffrance demeure un point de vigilance, avec un encours ayant atteint 102,3 milliards de dirhams en 2025, soit 8,26% du total des crédits, bien que le taux de couverture par les provisions soit de 67,9%. Pour y remédier, BAM a introduit une nouvelle catégorie de "créances sensibles" et travaille à la création d'un marché secondaire pour ces créances. La réforme du régime de résolution bancaire a été adoptée en 2026, désignant Bank Al-Maghrib comme autorité de résolution.
Le marché boursier casablancais, représenté par le MASI, a montré des signes de pesanteur en ce début d'été, cédant plus de 6% depuis le début de l'année pour repasser sous les 18.000 points. Cependant, certains secteurs ont résisté, notamment les mines, qui ont progressé de 97%, avec des performances remarquables de CMT (+142,8%), Managem (+98,8%) et SMI (+53,6%). Le secteur des assurances a également affiché une hausse de plus de 4%, portée par Sanlam Maroc (+35%) suite à sa fusion-absorption d'Allianz Maroc, et Wafa Assurance (+7%). Le recul du MASI est également attribué à l'assèchement du marché dû à d'importantes opérations sur le compartiment primaire, telles que l'IPO de T2S Group Holding, qui a mobilisé près d'un milliard de dirhams, et l'augmentation de capital de CIH Bank. En matière de nouvelles d'entreprises, Taqa Morocco a annoncé une réorganisation stratégique visant à évoluer vers un modèle de holding multi-actifs, axée sur la transition énergétique. COSUMAR a obtenu la certification financière internationale MSI 20000, reconnaissant la solidité de sa gouvernance. La BMCI, quant à elle, a célébré la réussite à 100% de la première promotion de son programme de formation "Passerelles", conçu avec l'ISCAE.