Le Conseil de gouvernement s'est réuni ce mercredi pour aborder des dossiers stratégiques en préparation de la rentrée politique. La ministre de l'Économie et des Finances a présenté l'exécution de la Loi de finances 2026, la préparation du Projet de Loi de finances 2027 et la programmation budgétaire triennale 2027-2029. Les recettes fiscales ont atteint près de 198 milliards de dirhams à fin juin 2026, soit une augmentation de 11,8% par rapport à 2025, contribuant à ramener le déficit budgétaire à 24 milliards de dirhams, contre 30,7 milliards un an auparavant. Cette performance est principalement tirée par l'impôt sur les sociétés (+26,2%) et la TVA à l'importation (+8,7%). Parallèlement, les dépenses courantes de l'État ont augmenté de 14,7%, avec une masse salariale en hausse de 12,1% et des dépenses d'investissement en progression de 20,2%. Pour soutenir le pouvoir d'achat et stabiliser les marchés, le gouvernement a adopté des décrets suspendant les droits d'importation sur les ovins vivants et les viandes domestiques (bovine, ovine, caprine, cameline), et prorogeant la suspension sur le blé tendre. Un nouveau décret sur la fixation des prix publics de vente des médicaments a également été approuvé pour améliorer l'accès et soutenir la compétitivité de l'industrie pharmaceutique nationale.
Sur la scène internationale, le Maroc renforce sa position diplomatique et stratégique. Le Sommet des Forces maritimes africaines (AMFS 2026), ouvert à Rabat, a souligné l'engagement du Royaume, sous l'égide du Roi Mohammed VI, pour une approche intégrée de défense, de développement et de coopération en matière de sécurité maritime. Le Ghana a réaffirmé son soutien au plan d'autonomie marocain pour le Sahara, le considérant comme la seule base réaliste et durable pour la résolution du différend, saluant la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a représenté le Roi au Sommet extraordinaire de l'Union Africaine à Accra, axé sur l'élimination du Sida et le renforcement des systèmes de santé à l'horizon 2030, où il a mis en avant la vision royale d'une souveraineté sanitaire africaine. Par ailleurs, le Maroc et le Portugal ont réactivé leur projet stratégique d'interconnexion électrique, à l'arrêt depuis 2022, cherchant un appui financier de l'Union européenne et l'intérêt du secteur privé pour renforcer la sécurité énergétique des deux rives.
En matière de politique intérieure, des tensions sociales émergent, notamment dans le secteur de l'enseignement. La Fédération nationale de l'enseignement (FNE) a réclamé un "nouveau contrat" pour l'école publique, dénonçant l'essoufflement des réformes et demandant des augmentations salariales indexées sur l'inflation et la régularisation de nombreux dossiers administratifs. De même, le Syndicat national des fonctionnaires de l'enseignement supérieur (CDT) a accusé le ministre Azzedine El Midaoui de bloquer le dialogue social concernant le statut particulier des fonctionnaires et le non-versement d'une augmentation salariale promise de 1 000 dirhams. Le gouvernement prévoit d'examiner plusieurs projets de décret pour moderniser la gouvernance des universités. Dans le domaine de la justice, le Tribunal pénal de Aïn Sebaâ fait face à une activité intense, tandis que la Cour de cassation a réaffirmé la responsabilité de l'architecte dans le suivi des chantiers, au-delà de la conception des plans.
Le dossier du Sahara marocain connaît une accélération sur la scène internationale, avec le Polisario accusé de bloquer le processus de négociation en rejetant la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l'ONU et le plan d'autonomie. Cette position intervient dans un contexte de forte pression diplomatique, notamment de la part des États-Unis, qui ont contraint l'Algérie, parrain du Polisario, à réintégrer les pourparlers. Au Congrès américain, des propositions de loi visent à classer le Polisario comme une Organisation Terroriste Étrangère (FTO). Parallèlement, des incendies successifs à Tindouf, notamment à Rabouni, alimentent les interrogations sur la stabilité interne du Polisario, marquée par des tensions croissantes et des protestations. Sur le plan local, la ville de Casablanca fait face à la colère des importateurs concernant la congestion portuaire, alors que le gouvernement a transformé l'Agence Nationale des Ports (ANP) en une société anonyme "Ports du Maroc SA" pour moderniser sa gouvernance. De plus, la Société Régionale Multiservices Casablanca-Settat mobilise 465 millions de dirhams pour un Système de Renforcement Est, afin de protéger la zone des inondations, avec une mise en service prévue au deuxième trimestre 2027. Enfin, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) a lancé sa plateforme numérique "AM+ Media" en vue des élections législatives du 23 septembre, cherchant à renforcer le dialogue public.