Le gouvernement marocain a fermement réaffirmé sa position de partenaire «souverain, loyal et responsable» dans la lutte contre la migration clandestine, rejetant le rôle de «gendarme» ou de «concierge» de l'Europe. Une source gouvernementale a souligné que la gestion de la migration est une «responsabilité partagée» où le Maroc a toujours assumé sa part, mais qu'il est temps de redéfinir les règles d'engagement. Ces déclarations interviennent suite aux événements récents à Sebta, où environ 40 000 personnes ont tenté des passages irréguliers, soulignant la déception du Maroc face à l'exploitation politique de la crise par certains acteurs. La situation a été exacerbée par une décision de justice espagnole du 8 juillet, qui, selon Rabat, a affaibli le dispositif dissuasif de reconduite automatique des migrants arrivant par voie maritime, et par une campagne numérique, notamment via des groupes WhatsApp administrés depuis l'Algérie, diffusant des informations logistiques aux candidats à la migration.
Le Maroc a présenté un bilan conséquent de ses efforts, avec 74 000 tentatives de migration clandestine avortées en 2025 et 79 000 en 2024, soit près de 160 000 en deux ans. Durant cette période, 632 réseaux d'immigration clandestine ont été démantelés et plus de 32 000 sauvetages en mer ont été effectués. La coopération avec le gouvernement espagnol est qualifiée d'«exemplaire». Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a d'ailleurs salué la coopération immédiate du Maroc pour le retour des migrants. La Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également loué l'action coordonnée du Maroc et de l'Espagne, tout en appelant à une réponse européenne commune incluant un soutien financier accru et des systèmes d'alerte précoce. Malgré l'afflux, 95% des personnes entrées à Sebta sont retournées volontairement, un phénomène que la source gouvernementale marocaine attribue à la déconstruction du «mythe de l'Eldorado» par les jeunes, qui ont constaté les avancées socio-économiques du Royaume, avec plus de 430 000 emplois créés dans les provinces du nord.
En parallèle de ces défis migratoires, la vision stratégique du Maroc, telle qu'énoncée dans le Discours du Trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l'occasion du 27e anniversaire de son accession, met l'accent sur la stabilité comme pilier du développement, l'accélération des réformes et la consolidation d'un nouveau cycle de développement. Le Royaume se positionne en leader africain de la construction automobile, en hub aéronautique mondial et s'engage dans les industries de haute technologie, notamment les batteries électriques et l'hydrogène vert. Cette ambition est soutenue par des investissements majeurs, comme le plan de l'ONEE de 248 milliards de dirhams sur cinq ans (2026-2030) pour la transition énergétique (11,6 GW de capacités renouvelables) et la sécurisation de l'eau par le dessalement (1,3 milliard de m3 par an d'ici 2030). Des projets d'infrastructure comme le Grand stade d'Agadir, en cours de modernisation pour la Coupe du monde 2030 avec un investissement total de 3,5 milliards de dirhams, illustrent également cet élan. Un projet d'ammoniac vert à Laâyoune a décroché une subvention américaine de 5,7 millions de dollars, marquant une première pour les provinces du Sud.
Les enjeux de gouvernance interne sont également au cœur des préoccupations. La Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a publié un guide pour assurer un traitement équitable de la campagne des élections législatives du 23 septembre 2026, incluant des dispositions contre la désinformation et les contenus générés par l'intelligence artificielle. Cependant, des défis structurels persistent, comme l'urgence de réformer les régimes de retraite, où le régime des pensions civiles fait face à l'épuisement de ses réserves d'ici cinq à six ans, et le paradoxe d'une croissance économique qui ne se reflète pas toujours dans le quotidien des ménages, révélant des disparités régionales et sectorielles.
Sur le plan des relations internationales, le partenariat entre le Maroc et l'Espagne se consolide, avec des échanges commerciaux dépassant les 22 milliards d'euros en 2025 et une co-organisation de la Coupe du monde 2030, faisant du Maroc une porte d'entrée stratégique vers l'Afrique pour les entreprises espagnoles. La coopération avec l'Égypte est également en pleine dynamique, visant à passer d'une simple relation commerciale à un partenariat économique complet. Des missions économiques et des investissements croisés, comme l'implantation du groupe hôtelier Pickalbatros ou le partenariat entre Money Fellows et Wafacash, témoignent de cette volonté de renforcer l'intégration économique et de promouvoir les échanges dans les secteurs clés tels que l'agroalimentaire, l'industrie et la technologie. Le rôle du Maroc en tant que partenaire stratégique en Afrique est de plus en plus reconnu, illustrant une diversification des leviers d'influence et de développement à l'échelle continentale et mondiale.