Cinq ans après sa présentation le 25 mai 2021, le Nouveau Modèle de Développement (NMD) fait l'objet d'un premier bilan qui révèle l'engagement de réformes d'ampleur, notamment la généralisation de la protection sociale, laquelle absorbe désormais une part significative des finances publiques. L'économie marocaine a enregistré une croissance de 4,9% à fin 2025 et prévoit 5,2% en 2026. Malgré ces avancées, le défi de l'emploi persiste, avec un taux de chômage de 10,8% au premier trimestre 2026, atteignant 29,2% chez les jeunes de 15 à 24 ans et 16,1% chez les femmes. Le NMD, devenu un référentiel stratégique, oriente les politiques publiques et les choix budgétaires, mais la concrétisation de ses objectifs en termes de croissance durable et d'emplois qualifiés demeure le principal enjeu. Un économiste du nom de Fouad Boujbir, chercheur en sciences du management et de l'économie, spécialiste des politiques publiques, a fait part de son analyse dans une publication en date du 1er août 2026 sur fnh.ma. Il souligne l'importance d'investir dans l'école et le capital humain, d'intégrer l'économie informelle grâce au numérique et de soutenir les très petites entreprises. Le monde rural est également désigné comme un acteur majeur de cette transformation.
Le Maroc poursuit sa métamorphose industrielle, avec l'automobile se confirmant comme le premier secteur exportateur du Royaume, atteignant plus de 154 milliards de dirhams en 2025. Cette diversification s'appuie sur des politiques industrielles cohérentes depuis le Plan émergence de 2005, et sur une stratégie de long terme fondée sur la stabilité, la gouvernance économique et des investissements massifs en infrastructures, comme l'explique l’économiste Khalid Kabbadj. Le complexe portuaire Tanger Med a consolidé son statut de hub logistique majeur en 2025, traitant 161 millions de tonnes de marchandises, dont 11 106 164 EVP en conteneurs. Le réseau autoroutier dépasse les 1 800 kilomètres, complété par des milliers de kilomètres de voies express. L'audace des grands chantiers se manifeste également dans la politique de l'eau, avec plus de 150 barrages et de nouveaux investissements dans le dessalement, et dans le secteur énergétique, où les énergies renouvelables représentent environ 45% du mix électrique national. Un exemple concret de cette dynamique est la décision du Roi Mohammed VI, annoncée le 2 juillet 2026, de baptiser la voie express Tiznit-Dakhla « Donald J. Trump Highway », en hommage à la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara en 2020. Cette autoroute de plus de 1 055 kilomètres, la plus longue d'Afrique, constitue un axe stratégique pour relier le nord et le sud du Maroc et arrimer l'Europe au continent africain. Dans ce même esprit d'infrastructures, un chantier de 9 millions de dirhams est en cours à Mehdia pour sécuriser un tronçon d'environ 600 mètres de la route reliant Kénitra au port de pêche, après plusieurs éboulements survenus en décembre 2022 et mai 2026.
Parallèlement, le secteur des assurances a affiché une excellente santé financière en 2025, avec un chiffre d'affaires global de 63,2 milliards de dirhams (+7,5%) et un résultat net bondissant de 21,4% pour atteindre 5,3 milliards de dirhams, principalement grâce à la performance du marché boursier (+27,6% pour l'indice MASI). Le ratio de solvabilité réglementaire s'est établi à 409,4%, largement au-dessus des exigences minimales. L'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) prépare l'entrée en vigueur du nouveau cadre de Solvabilité Basée sur les Risques (SBR) au 31 décembre 2026. Cependant, l'usage prépondérant de l'argent liquide continue de peser sur la liquidité bancaire, forçant Bank Al-Maghrib à maintenir un soutien important au marché monétaire pour garantir le financement de l'économie. Face à ce défi, la promotion des moyens de paiement électroniques est considérée comme essentielle.
Dans le cadre de la transition vers une économie plus durable, le Maroc développe une taxonomie financière verte, un cadre qui classifie les activités économiques selon leur contribution à la transition climatique en trois catégories : verte, orange (en transition) et rouge (incompatible). Ce dispositif couvre des secteurs clés comme l'énergie, les transports et l'industrie, imposant des seuils techniques mesurables, comme une intensité maximale de 100 grammes d'équivalent CO₂ par kilowattheure pour l'énergie bas carbone. Cette initiative vise à orienter les capitaux vers des projets verts et à favoriser la production de technologies propres. Sur le plan de l'innovation, Aïssam Moujoud, ingénieur marocain établi en France, a développé Pickwheel, un véhicule breveté piloté avec les pieds, et souhaite mettre son expertise au service de la dynamique d'innovation du Maroc, notamment dans les grands chantiers d'infrastructures et les préparatifs de la Coupe du monde 2030.
Enfin, la zone frontalière de Bab Sebta connaît des opérations de nettoyage et de réhabilitation suite à la crise migratoire des derniers jours. Le trafic frontalier est en voie de normalisation, et un dispositif sécuritaire accompagne le retour volontaire des migrants, incluant le transfert de mineurs interpellés vers différentes régions du Maroc.