L'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) a validé un ambitieux plan d'équipement pour la période 2026-2030, totalisant plus de 248 milliards de dirhams (MMDH), dont 72% proviendront du secteur privé. Ce plan stratégique vise à accélérer la transition énergétique et à renforcer la souveraineté hydrique du Maroc. Il comprend 206 MMDH pour l'électricité et 42,1 MMDH pour l'eau potable. L'objectif est de dépasser, dès 2028, 52% d'énergies renouvelables dans le mix électrique grâce à 11,6 GW de capacités supplémentaires et 2,6 GW de stockage, incluant des systèmes de batteries (2.230 MWh), la STEP hydroélectrique d'El Menzel (360 MW) et 3.744 MW de flexibilité au gaz naturel. En matière d'eau potable, la capacité de dessalement atteindra plus de 1,3 milliard de m³ par an d'ici 2030, couvrant 63% des besoins, contre 13% en 2025, avec des stations clés à Casablanca (phase 1 à 81% d'avancement, mise en service prévue le 1er février 2027), l'Oriental, Tanger, Souss-Massa et Guelmim/Tan-Tan. Ces investissements sont soutenus, notamment, par un financement de 250 millions d'euros accordé par la BERD à la branche eau de l'ONEE. En 2025, la puissance électrique installée a atteint 12.000 MW, dont 46,1% en énergies renouvelables, et la demande électrique a bondi de 7,4% à 49 TWh, avec un nouveau pic de 8.400 MW en juillet 2026. La production d'eau de l'Office s'est élevée à 1.417 Mm³ en 2025.
Le secteur financier marocain a démontré sa résilience en 2025, avec une taille augmentant de 11,2% pour représenter 223% du PIB, selon le rapport annuel sur la stabilité financière de Bank Al-Maghrib (BAM), l'ACAPS et l'AMMC. Le secteur bancaire reste prépondérant, concentrant 61% des actifs et 59,9% des actifs totaux, 63,2% des crédits nets et 62,1% des dépôts collectés pour les trois banques d'importance systémique. Attijariwafa bank a enregistré un résultat net part du groupe (RNPG) de 5,9 MMDH au premier semestre 2026, en hausse de 1,1%, tandis que Crédit du Maroc a vu son RNPG progresser de 19,4% à 532 MDH. Les banques disposent de fonds propres jugés solides, capables d'amortir des chocs macroéconomiques sévères. Le marché des capitaux a également été dynamique, avec l'actif net des OPCI atteignant 133,97 MMDH en 2025 (+23%) et des levées de capitaux en actions sur la Bourse de Casablanca bondissant de 65% à 10,37 MMDH. L'indice MASI a progressé de 27,57% en 2025. Le Haut-commissariat au plan (HCP) prépare, par ailleurs, une plateforme unifiée pour moderniser l'accès aux statistiques, intégrant des outils de visualisation et d'intelligence artificielle.
Cependant, des défis persistent au sein des régimes de retraite et concernant l'endettement des ménages. Le régime des pensions civiles (CMR-RPC) n'a un horizon de viabilité que de 5 à 6 ans, la branche long terme de la CNSS 10 ans, tandis que le RCAR-Régime général bénéficie d'une viabilité de 29 ans. Les prestations de retraite ont globalement dépassé les cotisations en 2025, avec 75,3 MMDH versés pour 73 MMDH collectés. Le rapport sur la stabilité financière insiste sur la nécessité d'une réforme systémique des retraites. Parallèlement, l'endettement des ménages a atteint un niveau inédit de 456 MMDH en 2025, en hausse de 6,9% (la plus forte progression depuis 2012), avec un taux de défaut de 10,3%. Près de 38% des ménages consacrent plus de 40% de leurs revenus au remboursement de leurs crédits.
En matière d'industrie et de commerce, le Maroc voit l'Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) accorder une subvention au consortium ORNX pour une étude d'ingénierie préliminaire d'une unité de production d'ammoniac vert à Laâyoune, visant 560.000 tonnes par an. Le groupe Renault Group Maroc a annoncé la production de la nouvelle Dacia Sandero hybride dans ses usines marocaines dès septembre prochain, tandis que Falcon Energy Materials a inauguré une unité pilote de matériaux pour batteries près de Casablanca. Royal Air Maroc (RAM) consolide sa présence en Europe avec l'ouverture de nouvelles lignes, portant à près de 430 le nombre de vols hebdomadaires entre l'Europe et son réseau. Les aéroports du Maroc, notamment Casablanca Mohammed V et Marrakech-Menara, ont réduit significativement les temps de passage aux contrôles aux frontières au premier semestre 2026, jusqu'à 70% pour les départs à Casablanca. Le blocage des transporteurs marocains à la frontière mauritano-sénégalaise a été résolu. Le Maroc a suspendu les droits d'importation sur les ovins domestiques vivants et diverses viandes jusqu'à fin 2026. L'indice des prix à la production industrielle hors raffinage a connu une légère contraction de 0,1% en juin 2026. La Société Maghrébienne de Génie Civil (SOMAGEC) a levé 500 MDH sur le marché obligataire pour financer son programme d'investissement 2026-2030, et Vossloh Futrifer Services Maroc a été créée à Casablanca pour la maintenance ferroviaire.
Sur le front des investissements et de la gouvernance, le président de la CFCIM, Sébastien Le Bonté, a souligné les nouvelles perspectives d'investissement dans les provinces du Sud grâce à la Vision Royale Maroc-Afrique. Les recettes des établissements et entreprises publics (EEP) ont atteint 20,61 MMDH en 2025, soit une hausse de 78% par rapport à la moyenne décennale, grâce notamment à l'OCP, l'ANCFCC, Maroc Telecom et Barid Al-Maghrib. Ithmar Capital et Maharlika Investment Corporation des Philippines ont scellé un partenariat stratégique pour l'échange d'expertise entre fonds souverains. Bien que le Maroc reste éligible à l'instrument Global Europe de l'UE pour 2028-2034, les nouvelles préférences accordées aux acteurs communautaires pourraient limiter la portée économique de cette ouverture. Enfin, le social commerce séduit de plus en plus d'entrepreneurs marocains comme un laboratoire commercial à moindre coût, tandis que le dirham a évolué en ordre dispersé face à un dollar américain qui s'est renforcé. La province de Taounate a bénéficié de plus de 155 MDH de projets sociaux et de développement.