L'économie marocaine s'engage dans une phase d'investissements d'envergure nationale et de restructuration sectorielle. La 11ème Commission nationale des investissements a validé 29 nouveaux projets pour un montant global de 42 milliards de dirhams, ciblant des secteurs clés comme la chimie, l'aéronautique et le tourisme. En parallèle, Tamwilcom déploie sa nouvelle feuille de route « Joussour 2030 » pour mobiliser 300 milliards de dirhams de financements en faveur des entreprises, tandis que Marsa Maroc engage 3 milliards de dirhams dans la modernisation de ses terminaux à conteneurs au port de Casablanca. Sur le plan industriel, le virage vers les technologies de pointe s'accélère à travers de nouveaux partenariats d'excellence. Trois ministères se sont associés à ALTEN Maroc pour développer un écosystème axé sur l'intelligence artificielle et l'Industrie 4.0, tandis que le Cluster Maintenance 4.0 a lancé « ReliX », un référentiel de fiabilité industrielle conçu pour accompagner la transition des entreprises vers la maintenance prédictive. De son côté, l'Office du développement de la coopération (ODCO) a amorcé une réorientation stratégique visant à porter la contribution des coopératives à 8% du PIB d'ici 2035. Ces dynamiques font face à des ajustements conjoncturels notables. L'activité industrielle globale a enregistré un ralentissement temporaire au mois de mai, marqué par un repli du taux d'utilisation des capacités à 77% selon Bank Al-Maghrib. De plus, le secteur de l'offshoring anticipe l'entrée en vigueur imminente d'une législation française interdisant le démarchage téléphonique non sollicité, une mesure qui menace directement près de 50 000 postes au Maroc et incite les acteurs locaux à envisager une diversification vers le marché national. La réussite de ces transitions repose sur l'alliance de la compétitivité industrielle et de l'adaptation réglementaire.